Succession à Etoudi: Voici ces têtes que Ngoh Ngoh doit encore faire tomber

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Même s’il est encore en vie, la succession de Paul Biya est, depuis fort longtemps, ouverte. Plus les années passent, plus les batailles sont incisives, opposant souvent les fils d’une même ethnie. Agé de 86 ans et après 36 ans de pouvoir sans discontinuer, l’usure a ouvert la voie à une guerre des tranchées, dans l’optique pour les potentiels successibles d’être au bon endroit au bon moment le jour dit. Une personne semble actuellement, avec beaucoup de finesse, sortir la tête hors de l’eau, c’est Ferdinand Ngoh Ngoh, l’actuel Sgpr, que l’on présente comme le dauphin qui monte.

Il faut dire que dans l’ombre de Paul Biya, il est ces derniers temps, en tant que vice-dieu (de part la fonction qu’il occupe), à la manœuvre dans de nombreux dossiers sensibles de la République. On dit par exemple de lui qu’il a su manier le bâton pour envoyer Mebe Ngo’o, souvent accusé d’avoir des ambitions présidentielles, à rejoindre les quatre murs de Kondengui.

Adoubé par la première dame, Ferdinand Ngoh Ngoh est un tout-puissant Sgpr, récemment anobli, au détour d’un décret du 04 janvier 2019 qui a fait de lui un ministre d’Etat. On a eu comme l’impression que le chef de l’Etat a voulu dire, malgré le lot de scandales liés à la Can qui ont éclaboussé ce haut commis de l’Etat selon la presse locale : « Celui-ci est mon fils, je l’ai choisi ».

Alors que les prémices de la fin se dessinent, la première dame, qui vient à peine d’entrer dans la cinquantaine, est désormais loin d’être la jeune dame naïve qui avait intégré le palais de l’unité en 1996, comme épouse de Paul Biya. Des années dans les mamelles du pouvoir lui ont appris à être proactive, à anticiper. Car, avec le niveau de rancœur qui existe, du aux actions de Paul Biya, l’érection d’un ennemi de son époux à la tête du pouvoir au cas où il tirait sa révérence ne serait pas de bon augure pour elle et ses enfants.

On le sait, en politique, peu de blessures et de meurtrissures se pardonnent. Elle a compris que l’âge de son époux le prédispose à quitter la scène avant elle. Qu’adviendra-t-il elle dans ce cas ? Une question de survie se pose. C’est en érigeant dans la machine du pouvoir des hommes à elle fidèles et redevables qu’elle peut tenter de se bâtir un bouclier à toute épreuve. A ce sujet, Ngoh Ngoh, qui est un Nanga comme elle, peut lui garantir des jours tranquilles. Voilà la raison pour laquelle elle soutient cet homme, son frère, originaire du département de la Haute Sanaga comme elle. Au sein du contingent nanga du sérail, il est le mieux placé.

Et, on voit que la succession de Paul Biya est bel et bien un casse-tête pour ses frères, qui voient d’un mauvais œil l’érection de Ngoh Ngoh. Pour le clan Bulu, qui occupe les fonctions les plus prestigieuses dans tous les secteurs les plus sensibles de la République, notamment dans l’armée et les services de sécurité, il ne faut surtout pas que le pouvoir se retrouve hors du giron Bulu, une ethnie de la région du Sud Cameroun. D’où le schisme qui actuellement oppose les deux clans pourtant béti.

Défiance

D’abord, ceux qui se prennent déjà à voir Ferdinand Ngoh Ngoh à la place de Paul Biya doivent être plus prudents. Paul Biya sait vous élever tout comme il sait vous éteindre. Marafa Hamidou Yaya en son temps, avait été plus dauphin de Ngoh Ngoh, tout puissant Sgpr qu’il était. Dans le même sillage, Atangana Mebara. René Emmanuel Sadi, un temps dauphin attitré, en a eu pour son compte, lui qui s’y voyait déjà.

La vérité c’est que ces hommes dits politiques n’ont aucune base populaire, et n’ont de pouvoir que ce que Paul Biya leur donne. Une fois qu’on les botte en touche, ils ne sont plus rien car n’ayant aucune légitimité. C’est la raison pour laquelle Fame Ndongo l’avait si bien dit, « nous sommes tous des créatures du président Biya ». Ngoh Ngoh n’est donc Ngoh Ngoh que parce que Paul Biya le veut. Il peut l’élever comme il l’avait fait avec Mebe Ngo’o pour le laisser tomber par la suite.

En outre, alors que beaucoup de personnes pensent que le pouvoir sera dévolu comme par les temps anciens, ils se trompent. D’abord, soulignons bien que les gens ne restent pour le moment en rang que parce qu’une seule personne fait l’unanimité, Paul Biya qui, en 36 ans de pouvoir, a su avoir tous les leviers du pouvoir entre ses mains. Il est possible que le Rdpc, pour cause de conflits internes basés notamment sur l’ethnie, aille en miettes. La succession ne se fera plus au Cameroun comme en 1982.

Ce ne sera plus une dévolution successorale par affinité. Une fois que le président actuel aura dégagé le plancher, l’équilibre fragile qui semble avoir lieu va s’effondrer, même dans le Rdpc. Souvenons-nous des propos d’Amadou Ali alors Vice –Premier, ministre de la justice, originaire du Septentrion, dans Wikileaks, lorsqu’il disait qu’il est hors de question qu’après Biya, un autre Béti prenne le pouvoir. De plus, la fracture qui est de mise entre les clans béti pourrait contribuer à affaiblir leurs défenses.

En outre, il y a la constitution. L’intérim devra être assuré par Niat Njifendi, président du sénat et originaire de la région de l’Ouest, s’il est encore en fonction. La constitution de 1996, révisée en 2008, lui permet en tant que président intérimaire, de modifier le gouvernement sous certaines conditions. Mais, lui également affaibli et plus grabataire que Paul Biya, s’il survit à ce dernier, la question est de savoir comment de manière pratique, il prendra ses quartiers à la présidence.

Dans tous les cas, dans un pays extrêmement tribalisé, les groupes ethniques, se regardent en chiens de faïence, étant entendu qu’aucun groupe ne peut seul gagner des élections. Ce qui signifie que cela passera forcément par les urnes. Même la communauté internationale va nous pousser à aller vers les urnes. Un jeu d’alliance est à envisager, et non un président imposé.

Source: camerounlink.com

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